Hello la compagnie! :p

Cela fait encore un bon moment que je n’ai plus rien posté car en effet, mes études et mes déplacements me prennent un temps de dingue. Cependant, ce n’est pas pour autant que j’oublie mon petit blog alors j’essaye de publier un article dès que j’en ai la possibilité.

Aujourd’hui, je suis de retour pour discuter d’un sujet qui fâche: l’appropriation culturelle. C’est un thème dont je voulais parler depuis des mois mais je ne savais pas par quel bout je devais l’aborder puisqu’en effet, peu encore comprennent le concept et ses conséquences.

Moi-même d’ailleurs, je dois avouer qu’il y a quelques années, je ne savais pas ce que c’était et en quoi cela constituait un problème. J’avais déjà lu des commentaires là-dessus mais sans jamais réaliser l’ampleur du phénomène.

appropriation
Image tirée du site: https://framaforms.org/enquete-universitaire-les-debats-autour-de-lappropriation-culturelle-a-travers-les-reseaux-sociaux

Tout d’abord, avant de donner mon point de vue sur la question, il me faut vous fournir une définition de l’appropriation culturelle. Selon le sociologue français Eric Fassin, « l’appropriation culturelle, c’est lorsqu’un emprunt entre les cultures s’inscrit dans un contexte de domination ».

C’est donc un concept qui a été défini et débattu par des scientifiques et intellectuels notamment. En gros, c’est lorsqu’une culture dominante s’approprie des éléments d’une culture dominée sans le mentionner.

« Oui mais alors Quid des minorités qui se défrisent les cheveux et/ou portent des extensions de cheveux lisses,…? »

Pour répondre à cela, il est utile de rappeler que les occidentaux ont, durant des siècles, colonisés les continents d’Asie, d’Afrique et d’Amérique. La domination ne passait pas seulement par l’esclavage mais aussi par l’obligation pour les colonisés de s’habiller et de se coiffer à la mode occidentale. Les colons pensaient ainsi « civilisés » des êtres considérés comme « primitifs » et ce même par la force!

©René Breny

Il fallait donc que les minorités parlent comme un occidental, mangent, prient, se comportent, s’habillent et se coiffent. C’était donc un véritable conditionnement pour que les colonisés ressemblent absolument le plus possible aux occidentaux. Toute leur culture était effacée et/ ou rabaissée comme étant quelque chose de « sauvage et primitif » donc non civilisé!

« Oui mais on est plus en période de colonialisme. Toute cette époque est derrière nous. Alors pourquoi encore en parler aujourd’hui? »

Le souci, c’est qu’on se situe dans une période de post-colonialisme. C’est à dire que la domination occidentale se fait toujours mais de façon différente.

En effet, lorsqu’on est une minorité dans une société dominante, il y a une pression tantôt visible, tantôt invisible sur cette minorité afin qu’elle « s’intègre » à tout point de vue. Si on voit une dame noire (pas la glace… ok, je sors) se promener avec une tenue africaine en ville, on considérera qu’elle n’est pas ou pas assez intégrée et cela est vrai aussi lorsqu’elle ira chercher du travail, par exemple. Il faudra impérativement qu’elle s’habille comme un occidental.

Rihanna dans Guava Island

Cela vaut également pour les cheveux… Arriver à un entretien d’embauche avec une coiffure africaine était pendant extrêmement longtemps mal vu! De plus, combien de petites filles noires se sont faites réprimandées à l’école car elles n’avaient pas de coiffures conformes aux règlements?! Combien d’entres ces filles ou femmes ne se sont-elles pas encore vues moquées/ critiquées pour leur tenues et/ou leur coiffures?! Encore aujourd’hui, beaucoup reçoivent des pressions dans le même genre.

« Mais non absolument pas, ce n’est plus comme ça aujourd’hui! »

Est-ce bien vrai? Quid du Hijab alors? Une tradition orientale que l’on veut absolument proscrire à tous les niveaux… Cette pression à vouloir à tout prix obliger une personne à se plier à une culture dominante, c’est ce qui s’appelle du conformisme. Celui qui ne s’y conforme pas est vu comme un marginal.

Comme je l’ai dit plus haut, moi-même je ne réalisais pas trop ce que c’était jusqu’au jour où j’ai lu un article sur le clip « Work » de Rihanna.

En 2016, c’était le clip qui avait fait sensation.

Seulement, voilà, ce qui m’a réellement choquée c’était le moment où le journaliste traitant de cette chanson, a véhiculé une erreur monumentale en ce qui concernait l’inspiration des danses présentes dans le clip de Rihanna.

Selon lui, Rihanna se serait inspirée de…

appropriation

Et oui, Miley Cyrus! Comprenez-vous en quoi cette référence est totalement absurde? Déjà le fait que quelqu’un ait cru que Rihanna s’inspirait de Miley Cyrus en général mais surtout en ce qui concerne les danses de son clip « We can’t stop »…

Car en réalité, les danses du clip de Miley Cyrus sont originaires de la diaspora africaine et donc par conséquent, l’Amérique centrale également.

Ainsi, Rihanna se déhanchait au rythme des danses de son pays et ne s’était en rien inspirée de Miley Cyrus. C’était en réalité tout l’inverse! Le souci, c’est que Miley Cyrus avait omis de déclarer d’où provenait les danses de son clip et en l’omettant à laisser croire au monde entier qu’elle présentait une nouvelle chorégraphie tendance! Ce qui n’était pas le cas du tout!

Ce cas reflète qu’une infime partie du problème. Puisque cela remonte facilement à la période du Jazz lorsqu’on dictait aux noirs-américains quel genre de Jazz ils devaient jouer alors que c’était eux-mêmes qui l’avaient inventer… Vous voyez le genre?


« On ne peut plus rien faire du coup… »

Il est important de ne pas confondre l’appropriation culturelle et l’échange culturelle. Deux notions totalement différentes.

Alicia Silverstone & Queen Latifah dans Beauty Shop.
Voyez les coiffures des deux actrices: La blanche a les cheveux frisés et la noire a les cheveux défrisés.

Lorsqu’un individu blanc apprécie simplement une culture étrangère et tient simplement à pouvoir s’habiller et/ ou se coiffer dans cette culture dans une idée de partage… Vouloir apprendre la culture de l’autre, l’assimiler et même en porter certains éléments n’a rien de mal en soi si tu le fais dans le respect de cette culture. C’est cela qui est à encourager et qui est si merveilleux.

Le problème vient essentiellement du fait de s’approprier tous les bénéfices d’une autre culture comme si l’on venait d’inventer une « nouvelle mode » alors que bien souvent ces éléments culturels ne sont en réalité pas censés être quelque chose de passager mais être des éléments destinés à traverser les générations.

En outre, stipuler que les tresses africaines sont à la mode aujourd’hui rappelle qu’elles n’avaient aucun intérêt dans la société occidentale hier mais surtout en auront-elles encore demain ? Les tresses africaines peuvent évoluées avec les époques mais la base, elle, elle résistera au temps.

C’est ainsi que je clôture cet article déjà bien long. J’espère qu’il vous a plu. N’hésitez pas à donner votre avis sur le sujet surtout! 🙂

A très bientôt les loulous 😉

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