Chères lectrices, chers lecteurs,

Si j’écris ce post aujourd’hui, c’est pour enfin donner mon avis sur ce qu’il se passe depuis le mois d’octobre 2017. En effet, plus personne n’ignore le scandale qui a éclaté à Hollywood et qui fait trembler le système patriarcal dans lequel l’Occident est encore plongé. J’ai hésité plusieurs fois avant d’écrire cet article et ce qui m’a finalement décidé, c’est cette plainte pour diffamation qu’a reçue Sandra Muller de son ancien patron pour avoir créer le Hashtag #Balancetonporc. C’est pourquoi, il me faut, avant de donner mon opinion là-dessus, revenir au début de cette affaire…

Quid des femmes?

Nous savons bien, en réalité, que de ce fameux scandale sur Robert Weinstein a surgit la promotion des hashtags, désormais bien connus: « Metoo » et « Balancetonporc ». Enfin, les victimes d’agressions ont trouvé un moyen libérateur pour raconter leur mésaventure et les partager.

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Et n’en déplaise à certains, avant cela, c’était tout bonnement IMPOSSIBLE! On ne croyait pratiquement jamais les victimes. Que ce soit du harcèlement au bureau ou dans la rue, une jeune femme subissant de telles pressions quotidiennes n’avait que deux véritables options: se taire ou fuir!

La 3ème qui correspondrait à la justice, se résume simplement par des questions comme: « Comment étiez-vous habillée, aviez-vous bu, aviez-vous eu un comportement équivoque? » Et j’en passe. Tout ça pour en conclure que le violeur avait tout à fait le droit de croire qu’il pouvait coucher avec elle. Alors, non seulement la jeune femme s’est vue publiquement humiliée mais en plus, on classe l’affaire sans suite. Ainsi, cette « pseudo option » est vouée le 3/4 du temps à l’échec.

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Jodie Foster dans Les accusés

Hollywood grouillait de ce type d’hommes qui se croyaient tout puissants. On le savait. Eux-mêmes, parfois, l’avouaient à demi-mot dans certains films. On n’a pu très vite constater que ce qui s’est passé à Hollywood a bousculé tous les autres milieux, c’est-à-dire le nôtre, comme des dominos. Car en effet, on le sait depuis longtemps que ça nous a toujours touché de près mais soit on fermait les yeux dessus, soit on subissait sans pouvoir avoir une véritable justice.

Ambra Battilana Gutierrez a été l’une des victimes d’Harvey Weinstein par exemple. Elle a essayé de porter plainte contre lui en 2015, ayant des preuves accablantes contre lui et le juge a classé l’affaire sans suite malgré tout…

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Combien de femmes comme elle ont essayé de prouver leurs agressions mais au vu de la notoriété de ces hommes, se voyaient, impuissantes, tournées en dérision. Ainsi, Weinstein s’est débrouillé pour nuire à toutes ses victimes qui seraient susceptibles de témoigner contre lui. C’est pourquoi, comme vous le savez désormais, des carrières d’actrices se sont vues subitement s’arrêter d’un seul coup. Comme l’a révélé Peter Jackson, producteur du seigneur des anneaux, ce dernier a été contacté par Weinstein dont le but était de blacklister deux grandes actrices dans les années 90: Ashley Judd et Mira Sorvino.

Si ces pressions se sont avérées vraies pour des actrices, il en est d’autant plus vrai pour tous les autres milieux du travail! Il est déjà bien difficile pour une femme de s’imposer professionnellement parlant, sans même avoir ce type de pression sur le dos.

Pas que les femmes soient moins compétentes mais elles sont considérées comme telles et pour cette raison, elles doivent se battre deux fois plus durs qu’un homme pour prouver qu’elles en valent la peine. Ainsi, l’histoire de Penelope Gazin et Kate Dwyer, deux jeunes femmes à la tête d’une entreprise de 200 000$ basée à Los Angeles, ont du « créer un collègue homme » pour pouvoir collaborer avec des développers ou designers afin qu’ils arrêtent de leur répondre de façon condescendante et les prennent au sérieux. Elles obtinrent des réponses rapides et respectueuses grâce à ce « co-fondateur imaginaire »…

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Une histoire similaire s’est déroulée en France également et quand on n’y pense bien, ce type de comportement doit se voir plus souvent qu’on ne le croit même lorsqu’on ne s’en rend pas compte. C’est, en réalité, plus qu’une simple question de salaire, c’est aussi une question de différences de comportement. En effet, beaucoup d’hommes se croient sincèrement permis de draguer des collègues féminines au bureau ou de les prendre de haut, imaginant qu’elles ne sont pas à leur place. « Incapables de se débrouiller seules pour être à la tête d’une entreprise, il faut forcément qu’un homme soit derrière elles pour qu’elles y arrivent« .

Croyez-vous que j’exagère, sincèrement? Hélas, pas mal d’hommes pensent ainsi malheureusement. Et pire encore, ne croyant pas qu’une femme mérite le moindre respect, des groupes comme « Babylone » ont vu le jour, lesquels, si vous vous souvenez bien, partageaient des photos dénudées de femmes prises à leur insu (ou non car en couple) à des milliers d’autres hommes sur les RS…

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C’est ainsi, cette propension à croire sincèrement que la femme est en dessous de l’homme et n’est qu’une « incapable » qu’on se retrouve aujourd’hui, à la surprise de tous, au sommet d’une montagne non exhaustive de plaintes de toute part sur le sujet!

Je dis bien non-exhaustive puisqu’en effet, malgré ce temps apparemment propice où les voix des victimes se font entendre, encore beaucoup n’osent pas sortir de l’ombre, de peur du jugement des autres et aussi de ne pas être crues, pire encore, de ne pas se croire elles-mêmes…

Quid des hommes?

Mais alors que j’écris toutes ces lignes, je me souviens que ma mère, ayant elle-même souffert de cette triste société trop patriarcale, m’avait confiée ne pas vouloir de filles, de peur que comme elle, je ne finisse par subir de telles injustices. En cela, la vie lui a prouvé que des hommes pouvaient autant (parfois plus) souffrir que les femmes.

En réalité, on a tord de croire que forcément victimes = femmes. Nous vivons certes dans une société patriarcale mais comme je l’ai déjà souligné, croire qu’une femme est une « incapable » ou « inoffensive » serait sous-estimer la femme.

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Rihanna en Nefertiti (l’image de Rihanna est d’autant plus forte, ici, sachant qu’elle est une survivante d’agressions)

C’est ainsi que l’histoire a prouvé à plusieurs reprises qu’une femme pouvait dominer un empire comme un homme ou du moins gouverner à ses côtés, comme le fit Nefertiti.

Aussi, Cléopâtre était seule à la tête d’un royaume redoutable, la reine Elisabeth 1ère n’était pas moins cruelle que ses homologues masculins ou même Catherine de Russie, n’avait pas hésité à faire assassiner son mari pour régner seule, sous le nom  de Catherine II.

Tout comme il est faux de croire que les femmes sont incapables de faire les mêmes choses qu’un homme, il est faux de croire que des hommes ne puissent pas être des victimes également. Si c’est moins répandu, c’est sûrement pour une question de fierté masculine, qu’il est peut-être plus difficile de comprendre pour une femme (moi, ici). Pourtant, s’il est déjà pénible pour une femme d’avouer avoir été impuissante face à un agresseur, alors cela, j’imagine, l’est tout autant, voir parfois plus pour un homme…

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Kevin Spacey & Ansel Elgort dans « Baby Driver »

Ainsi, on découvre aujourd’hui que des jeunes acteurs et de jeunes mannequins hommes ont subi des abus du même genre à Hollywood. Et tout comme pour les femmes, si ce fut vrai dans ce milieu, il est probable que ce soit vrai ailleurs…

Alors, vous comprenez pourquoi je m’offusque lorsque je lis qu’après qu’un supérieur ait avoué avoir eu un comportement déplacé envers une subordonnée porte désormais plainte contre sa victime pour l’empêcher d’en parler ouvertement, pas seulement elle, mais aussi indirectement, toutes les autres que ce soit dans le milieu du travail ou ailleurs. Si par le plus grand des malheurs, la justice donne (encore une fois) gain de cause à un homme de pouvoir, alors cette libération de la parole sera à tout jamais fermée, tout du moins en France pour commencer et le statut quo reviendra de plus belle…

Que beaucoup veulent que justice soit enfin rendue est légitime. Alors, empêcher les victimes de révéler au monde ce qu’il leur est arrivé, c’est les condamner au silence et donc, les écraser encore davantage dans leur combat pour que la vérité soit rétablie.

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Ce que je remets par contre en question, ce sont ces licenciements abusifs de personnes qu’on vient juste, pour la 1ère fois, de dénoncer. Attention: lorsqu’il s’agit de cas comme Harvey Weinstein ou Terry Richardson où tout le monde savait ce qu’ils faisaient car beaucoup ont vu et entendu des actes depuis de nombreuses années mais que chacun fermait les yeux, alors qu’aujourd’hui, nous les dégagions du paysage, je peux le concevoir car il est largement temps. Par contre, tous ceux dont jamais personne dans le milieu (et non le public!) n’a entendu parler de telles histoires à leur encontre avant aujourd’hui, pour le bénéfice du doute, laissons alors seule la justice départager si oui ou non, il y a un doute raisonnable de le croire. Ensuite, il faut aviser. Car oui, il faut que justice soit faite mais pas non plus que certains ou certaines profitent de cette liberté accordée aux victimes pour la tourner en sa faveur en éliminant, par exemple, un concurrent potentiel ou un rival.

Voilà, je suis navrée si cet article vous a encore paru long mais il est des sujets qui ne sont pas fait pour être racontés en 3 paragraphes. Etant donné que cette affaire est une véritable révolution, il me fallait détailler en profondeur mon point de vue pour aboutir à cette conclusion: « Que justice soit faite, même si le ciel doit s’écrouler » dixit Lord Mansfield contre l’esclavage en angleterre.

Voilà, les loulous, à bientôt j’espère comme d’habitude. 😉

 

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